20 septembre 2007
The King & moi...
Gouvernée par une forte dépendance à la littérature Kingienne (Stephen King pour ceux qui n'auraient pas les idées très claires... & ça marche aussi pour les littératures Werbérienne, Kunderienne, Cobenienne, Chattamienne, Kennedyenne...allez, faites un effort un peu...), je me devais de rapidement lire une de ses dernières créations : "Histoire de Lisey".
Quand le livre fut entre mes mains, grâce une fois de plus à SexyPoussin, je me délectai du plaisir anticipé de sa lecture, savourant l'odeur des pages, la texture de la couverture... espérant secrètement le frisson provoqué par tant de lectures Kingiennes, mais plus rare depuis ses derniers romans...
Enfin, me voici plongée dans "Histoire de Lisey" quand, soudain, s'impose à moi un sentiment plutôt inhabituel : je m'ennuie...avec un Stephen King...Arggghhh...Oh poudi ! quelle horreur, mes certitudes littéraires en sont ébranlées, mon âme refuse la vérité, tout est en vrac & ça en est presque douloureux...(ok, je tourne peut-être un peu au mélo, mais quand même, essayez de comprendre, bon sang, s'ennuyer avec The King...Surréaliste !).
L' histoire de Lisey tourne en rond, se perd en circonvolutions inutiles, se noie au fond de ses phrases, n'a aucun intérêt... mais faisant fi de cette déception, n'écoutant que mon courage avide d'histoires & surtout étant de nature pugnace (voire obsessionnelle), je continue vaillamment.
Et comme j'avais bien fait ! Après la 250eme page (environ...ouh là, mais arrêtez donc de chipoter...), King renoue avec une partie de son style littéraire puissant, dynamique, efficace, je dévore le reste du bouquin & me réconcilie (un peu) avec l'auteur.
Une question se pose quand même : après s'être profondément ennuyé pendant environ 250 pages, la subjectivité est-elle toujours capable de fonctionner correctement ? C'est comme dans Popstars : t'entend des chanteurs de merde pendant des heures, donc forcément, celui qui se pointe avec un minimum de voix te paraît être le nouveau Frank Sinatra...enfin, bon...
Je n'ai envie de retenir qu'une seule chose de ce livre : le réel talent de King pour la pêche aux mots, la facilité avec laquelle il s'approprie l'univers lexical, un puissant alchimiste de la parole...
Sur ce coup, ses traducteurs ont été bien servis, un réel challenge que, la nôtre, Nadine Gassie, a su relever avec brio !
"Histoire de Lisey" est un "mi-bon" livre, que j'ai refermé sur des mots virevoltant qui resteront longtemps à la surface de ma "mare" personnelle.
Prochains essais : "Colorado Kid" & "Blaze"...les doigts croisés...
"Toufu" Traduction :
"la mare du langage, la mare du mythe, où tous nous descendons boire" - Burton Hatlen
"MIRALBA, babylove-ArRIMe Le BardA quand faut y aller faut y aller."
"...c'était Dandy Dave qui disait parfois aux gens que tel truc ne valait rien, alors je l'ai largomuché. Scott avait adoré ça, disant que ça vous ôtait un poids de la langue d'une façon que des expressions comme je l'ai jeté ou même je l'ai fichu en l'air ne pourraient jamais égaler.
Scott et ses prises dans la mare-aux-mots, la mare-aux-histoires, la mare-mythologique.
Toufu Scott Landon."
"- Dis bonjour à l'enfer, 'spèce de fouteur de mère de crapouasse,..."
Pour aller plus loin :
- Le site officiel de l'auteur : http://www.stephenking.com/
- Un site un peu foutoir mais plutôt bien documenté sur Stephen King : http://www.stephenking999.com/
- Un autre site assez complet sur l'auteur, avec en prime des histoires fantastiques écrites par des internautes inspirés : http://www.stephenking-fr.net/
- Ce site, à l'esthétique plutôt "chaotique" propose beaucoup d'articles, des dossiers complets, une tonne d'infos sur King... : http://rernould.club.fr/King.html
26 août 2007
Dans les bois éternels...
Je viens de finir le dernier livre de Fred Vargas : "Dans les bois éternels". Quel régal ! Un de ses meilleurs à mon goût.
On y retrouve le commissaire Adamsberg aux prises avec une Ombre insaisissable bouleversant son univers si personnel. Toujours accompagné du fidèle Danglard, l'érudit de la Brigade, ici déstabilisé par le nouveau venu, Veyrenc, celui qui range son angoisse en vers de douze pieds.
Dans ce dernier livre, Camille est toujours là, mais seulement en filigrane, pour mieux nous laisser apprécier la part belle faite à tous les autres personnages uniques & si attachants, gravitant à la lisière de la conscience du commissaire & s'y forçant régulièrement un chemin : Violette (la "convertisseuse" d'énergie), Estalère (le rêveur attentionné), Mercadet (le génie hypersomniaque), La Boule (le chat "concentrateur" d'espoir)...
Le style d'écriture de Vargas est toujours aussi libre & particulier, savoureux débordement de l'imaginaire de l'auteure.
Des phrases & des mots utilisés sans tenir compte des règles & usages de la pensée classique.
On savoure chacun de ses mots posés ensemble & qui ne devraient pas vraiment l'être, on y goûte avec une grande délectation en se demandant pourquoi avoir attendu si longtemps pour les faire siens.
Vargas nous entraîne encore dans une aventure aux méandres singuliers, emplie de poésie, d'humour, de rebondissements, de cynisme & d'effroi, qui touche droit au coeur.
Ce livre se lit tranquillement, sans heurt, pour mieux s'imprégner de l'atmosphère troublante & presque déstabilisante de cette histoire, si différente & pourtant bien proche de notre propre réalité.
L'auteure réussit, une fois de plus,le tour de force de transformer en mots des intuitions, des ressentis & des émotions sans que l'on s'ennuie une seule seconde.
Fred Vargas, n'ayant plus ses preuves à faire, & qui pourtant n'oublie jamais d'emmener ses lecteurs au plus haut de son art... & c'est cela la vraie générosité.
A très bientôt Commissaire...
Exquis Extraits :
"Un jour, il comprendrait peut-être par quels pores de sa peau le sommeil lui sortait des doigts."
"Le fleuve de Paris, si puant soit-il certains jours, était son refuge flottant, le lieu où il pouvait le mieux laisser filer ses pensées. Il les libérait comme on lâche un vol d'oiseaux, et elles s'éparpillaient dans le ciel, jouaient en se laissant soulever par le vent, inconscientes et écervelées."
"La nuée de ses pensées rejoignait brusquement la volière."
"Économiser l'énergie grain par grain pour la lancer tout entière dans une seule mission, pulvérisant tous les obstacles sur son passage."
Extraits : "Dans les bois éternels" de Fred Vargas - Éditions Viviane Hamy 2006
Il n'y a pas de hasard : Je découvre il y a 5 mn une bande annonce sur France 2 présentant l'adaptation de l'avant dernier roman de Fred Vargas : "Sous les vents de Neptune". Il s'agira d'un fiction de 2x90 mn réalisée par Josée Dayan avec Jean-Hugues Anglade, Jeanne Moreau, Jacques Spiesser, Hélène Fillières, Myriam Boyer. Pas encore de date de diffusion.
19 août 2007
Brin de Magie...
J'adore les livres, je les dévore comme un lion sur sa gazelle, quelque soit le genre...
J'aime aussi les Bandes Dessinées, mais j'ai toujours trouvé qu'elles se lisaient beaucoup trop vite, alors je m'en délecte sur Internet ou chez des amis.
Quant aux Mangas, je reconnais que je ne suis pas une grande adepte, mais en goûter un par an me convient très bien.
Tout cela pour parler de ce savoureux mélange inclassable (encore un !) découvert il y a quelques mois, que la Fnac avait eu la bonne idée de promouvoir ce jour là : "My Way" Tome 1 de Ji Di.
Un croisement entre un recueil d'histoires courtes, une BD pour ses puissantes couleurs & un Manga pour le style asiatique épuré.
Cette recette est un vrai délice pour les yeux & pour l'âme... Tout en contrastes & saveurs douces-amères.
Des couleurs vibrantes & tristes, des mots sincères & lourds de sens, de la poésie philosophique aromatisée d'un zeste d'ironie, une vision naïve & un peu cynique, entre amour & désamour...
Ji Di livre ici ses pensées intimes à la bienveillance de nos regards.
Chaque fois que je lis cette douceur, j'ai l'impression qu'une plume se pose sur mon âme...
Pour tout ceux qui aiment les dimanches pluvieux & lumineux : "My Way" Tome 1 de Ji Di

